Réforme financière : la ville juge l'accord entre l'État fédéral et les Länder totalement insuffisant
À l'issue des discussions entre les ministres-présidents des Länder et le chancelier fédéral sur la modernisation de l'État et les finances communales, la ville de Mayence fait part de ses critiques.
Le maire Nino Haase : « Du point de vue communal, ce résultat est une grande déception et s’avère tout à fait insuffisant. Certes, il a été réaffirmé que l’État fédéral prendra à l’avenir davantage en charge les coûts qu’il engendre lui-même par le biais des missions qui lui incombent. L’accord qui vient d’être conclu reste toutefois bien en deçà des attentes. »
Daniel Köbler, adjoint aux finances : « C’est certes un signal important que l’État fédéral reconnaisse pour la première fois le principe de la causalité (celui qui commande paie). Le gros problème, c’est toutefois que cela ne s’appliquera pas rétroactivement et qu’à l’avenir, seules 80 % des charges supportées par les communes seront indemnisées. » Actuellement, il n’y a pas de nouvelles lois qui alourdissent davantage la charge administrative. La charge liée aux anciennes lois, dont les coûts ne cessent d’augmenter, reste malheureusement intacte.
Jana Schmöller, adjointe chargée des affaires sociales : « Nous attendons de l’État fédéral et des Länder qu’ils assument leurs responsabilités. Ce principe doit également s’appliquer rétroactivement : celui qui commande des prestations doit aussi les payer. Les communes ne doivent pas se retrouver seules à supporter les coûts des missions d’intérêt général. Un budget social solide est le fondement de la cohésion sociale dans nos communes. Soutenir les personnes, c’est renforcer la paix sociale et créer des perspectives d’avenir. »
M. Köbler, adjoint aux finances, ne voit pas dans l’accord entre l’État fédéral et les Länder un allègement significatif pour le budget municipal : « Le déficit de la ville de Mayence continuera de se situer à plusieurs centaines de millions. Le renforcement urgent et nécessaire des budgets communaux se fait toujours attendre. L’État fédéral et les Länder ont déçu les attentes des communes et reporté sine die le problème urgent des déficits records des villes. »
Les villes, en particulier, restent confrontées à des défis financiers considérables, aggravés par la hausse des dépenses liées à leurs missions légales.
Le maire Haase : « Les communes ont besoin d’un financement fiable et suffisant pour pouvoir remplir leurs missions légales tout en investissant dans l’avenir des villes. Nous comptons désormais sur l’annonce faite par le ministre-président Gordon Schnieder de présenter, après la pause estivale, un ensemble de mesures en faveur des communes de Rhénanie-Palatinat. Mais il faut aller plus loin : notre ville, par exemple, a déjà présenté des économies significatives pour l’année prochaine grâce à notre plan de consolidation dans les domaines des biens matériels et des ressources humaines. Les niveaux régional et fédéral doivent désormais eux aussi se pencher enfin sur ces discussions parfois difficiles et sur une réévaluation des missions. »